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Les grenouilles selon Léon D.

Les grenouilles selon Léon D.

Ah, les grenouilles du Léon, toute la famille s’en souvient et se lèche les babines rien qu’en y pensant… Le Léon, c’était mon grand-père, un fin cuisinier qui s’est découvert cet immense talent sur le tard… Il fallait le voir préparer son gratin dauphinois (mémorable lui aussi…) : chaque tranche de pomme de terre était découpée à la main, au couteau, et il n’y en avait pas une plus épaisse que les autres… Et il les disposait une par une dans son plat, chacune chevauchant celle de dessous avec un empâtement précis… On aurait pû croire qu’il avait un pied à coulisse… Mes parents et moi, on devenait tous fous quand on le voyait faire : le temps passait, passait, les tranches se disposaient lentement, on se demandait si on passerait à table le jour même ou le lendemain… Que de merveilleux souvenirs…

Mais revenons à nos grenouilles.

Pourquoi des grenouilles? Tout simplement parce que mon poissonnier préféré, au marché, en avait des fraîches…Il n’en avait pas proposé depuis au moins un an… Alors j’ai flashé sur ces petites bêtes aux cuisses dodues. Il faut quand même bien admettre que ces bestioles ont changé d’anatomie depuis l’époque où mon grand-père les cuisinait : elles ont développé un torse et des bras! lol! Je me suis demandé si je devais les laisser ou les enlever, car franchement, les torses et bras ne sont que des tas d’os microscopiques très éprouvants à sucer. Finalement, au prix où elles étaient, j’ai décidé de tout garder…

Il vous faut des grenouilles fraîches, environ 1 litre de lait, un peu de farine, beaucoup de beurre et un peu d’huile, et un bon bol de persillade (ail et persil hachés). Sel et poivre.
En accompagnement, des pâtes fraîches (sans beurre!!!) et du jus de citron.

Commencer 2 heures au moins avant le repas. Il faut en effet les laisser tremper au moins 1h, 1h30 dans du lait au frigo avant de les cuisiner.

Pendant ce temps, on peut préparer la persillade. Le Léon la préparait toujours à la main, en mettant ail et persil dans un grand verre, et il hâchait avec une paire de ciseaux plongeant dans ce verre. Plus prosaïquement, j’ai utilisé mon grand couteau et ma planche en bois… Ah, mais j’ai respecté le contrat : à la main!

Egoutter les grenouilles, et bien les sécher dans du papier absorbant.

Les placer dans un grand récipient, et les fariner, en les remuant délicatement pour qu’elles soient toutes enrobées de farine, mais qu’elles ne se cassent pas.

Préparer une grande poêle avec un bon peu de beurre, si vous voyez ce que je veux dire. Je me suis permis quand même de modifier la procédure en ajoutant un peu d’huile, mais franchement je n’aurais pas dû. On mange des grenouilles une fois tous les 10 ans, alors ce n’est quand même pas un peu de beurre noir qui va nous plomber le cholestérol… bref, dans 10 ans, quand j’en referai, j’essaierai de me souvenir que je ne dois pas mettre d’huile… ;-). Mettre le feu à fond sous la poêle, le beurre doit être très très, mais alors très très chaud.

Secouer les grenouilles pour les débarrasser de l’excédent de farine. Les poser délicatement dans la poêle, elles ne doivent pas se chevaucher. Dés que la 1ere face est dorée, les retourner une par une, et faire dorer la 2eme face. Ne pas les faire trop cuire surtout, la chair tomberait des os et deviendrait caoutchouteuse. öter du feu, et déposer dans un grand plat. On peut si on le souhaite les égoutter sur du papier absorbant. Si on doit faire plusieurs fournées, changer à chaque fois le beurre après avoir bien essuyé la poêle au sopalin.

Quand toutes les grenouilles sont cuites, lancer la cuisson des pâtes fraîches (je n’ai pas la place d’avoir 2 grosses casseroles en même temps sur ma cuisinière, c’est pour ça que j’intercale les pâtes entre les 2 cuissons des grenouilles, sinon je mènerais les 2 de front.) Quand les pâtes fraîches sont presque cuites (2 minutes de cuisson au lieu de 3!), je les sors du feu et les laisse sans les égoutter à côté de l’évier. Je remets ma grande poêle débarrassée de son beurre noir sur le gaz à grands coups de sopalin, je mets le feu à fond, et je jette toutes mes grenouilles dedans. Je sale et je poivre. J’ajoute alors du beurre frais et ma persillade, et pendant que ça fond, j’égoutte les pâtes. Les grenouilles sont prêtes dés que le beurre a fondu. On fait juste sauter un peu la poêle pour s’assurer que les bestioles sont bien enrobées de beurre et de persillade, et on sert!

Si c’est pas beau quand même!

Ajouter, une fois dans l’assiette, du jus de citron fraîchement pressé. Cela forme avec le beurre persillé une sauce parfaite pour les pâtes.

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