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Mon carry de saucisse et Presque Son rougail de tomate

La tante de mon Nomamoi a vécu de nombreuses années à Madagascar. De retour depuis de non moins nombreuses années en France, elle a gardé quelques traditions culinaires de là-bas qui font notre bonheur.
En fait je devrais plutôt dire : « une tradition culinaire de là-bas qui fait notre bonheur », car nous ne lui avons jamais laissé l’opportunité d’en présenter une autre! lol!

Elle a eu le malheur un jour de nous faire – début de phrase qui peut être parfaitement transformé en : nous avons eu le bonheur un jour de – déguster son mémorable carry de saucisse et rougail de tomate, et depuis, chaque fois que nous allons chez elle, nous lui demandons ce plat…

A chaque fois je lui demande sa recette, et à chaque fois, elle me dit : « Oh, c’est tout simple, tu sais. Ce sont juste quelques saucisses très simples que je commande chez mon Boucher, des tomates et du gingembre ». Bon. Ben n’empêche qu’il y a un truc, parce que ce n’est pas la 1ere fois que j’essaie de refaire son carry à la maison, et, curieusement, je n’obtiens pas du tout la même chose…

Mais je progresse, pour la 1ere fois depuis… hou… ben ça nous rajeunit pas, tout ça… bref, depuis un certain nombre d’années, j’ai réussi à m’approcher au maximum de son rougail. Ha ha, je vous ai bien eu(e), hein, vous pensiez que je m’étais approchée de son carry! Et bien non! Je sens que je vais me mettre à pleurer, moi… Arf…

La tante de mon Nomamoi sert son carry avec du riz, le rougail de tomate, et un bocal de petits piments entiers qui vient directement de là-bas… enfin de pas loin – toutes proportions gardées! lol! Le dernier bocal que nous avons participé à consommer venait en fait de la Réunion. Mais bon, c’est assez semblable quand même. Et quand je dis consommer… Heu… En ce qui me concerne, c’est une goutte de l’huile dans laquelle les piments nagent pour toute mon assiette… Et pourtant, vous qui commencez à me connaître, vous savez qu’on aime bien cracher le feu… Mais là, ce n’est même plus cracher le feu que ça s’appelle, c’est l’Etna, le Vésuve (ah non, pas celui là, il ne crache plus grand chose), le piton de la Fournaise (de circonstance géographique, celui-là…), le Stromboli et tous leurs copains au tempérament chaud réunis! Faut avouer que ce n’est pas un bocal du commerce… Non non non… C’est du vrai, du fait maison, réalisé avec amour et avec des gants et des lunettes de sécurité – tout du moins je l’espère pour la pauvre dame qui les a faits! – et expédiés par la poste. Ou ramenés par un cousin passionné d’astronomie lors de la dernière éclipse… Mais peu importe! Là n’est pas notre propos!

Alors pour éteindre le feu, le riz ne suffit pas… Et c’est pour ça que j’ai décidé de rajouter quelques légumineuses. Pour éteindre l’éventuel feu qui n’aurait jamais lieu chez moi puisque je n’ai pas le fameux bocal de piment… Le mien est de l’épicerie exotique de mon village… Mais on ne va pas se plaindre, quand même! lol! Je trouve que dans la cuisine des « pays pauvres », où on ne mange pas de la viande tous les jours, et ce, pas par choix mais par nécéssité, les traditions alimentaires associent légumineuses et céréales. Alors avec mon riz, quelques haricots blancs, quelques pois cassés et quelques pois chiches allaient compléter ce plat.

Finalement, à part le riz et le rougail, il ne reste plus grand chose de la tante… Enfin de son plat! lol!

Et voilà pourquoi je vous présente

Mon carry de saucisse et Presque Son rougail de tomate

A commencer la veille par le trempage des légumineuses

Pour 4:

Pour le carry
4 saucisses italiennes
environ 2 pouces de gingembre
1 ccafé curcuma en poudre
un peu d’huile neutre
2 boîtes de pulpe de tomate (ou l’équivalent en tomates fraîches!)

Pour le rougail
2 tomates fraîches
4 gousses d’ail (j’en ai mis 3 grosses)
2 petits piments thaï

Pour l’accompagnement
riz (1 tasse = 250ml pour 2 personnes)
pois cassés, haricots secs, pois chiches… environ 40g de chaque.
1 feuille de laurier
sel, poivre

La veille, mettre les légumineuses à tremper dans une grand récipient et beaucoup d’eau : le volume des légumes secs va tripler.
Le lendemain, égoutter et bien rincer les légumineuses, les verser dans une casserole, verser 3 fois leur volume d’eau, ne pas saler, ajouter 1 ou 2 feuilles de laurier, porter à ébullition pour environ 45 minutes.
10 minutes avant la fin, saler.

Peler le gingembre et le couper en lamelles (pas en tranches : les lamelles seront plus faciles à repérer et donc à enlever lors de la dégustation)
Couper les saucisses en grosses rondelles.

Dans une sauteuse, mettre à chauffer environ 2 csoupe d’huile neutre. Pas d’huile d’olive, on ne fait pas de la cuisine méditerranéenne!
Ajouter les lamelles de gingembre et les faire sauter, elles vont commencer à embaumer la cuisine…
Quand elles commencent à peine à colorer, ajouter les saucisses et les faire sauter.

Quand les saucisses sont dorées, ajouter les tomates et le curcuma.
Les saucisses sont en principe assez salées, donc attendre avant de rectifier l’assaisonnement, il est possible que ça ne soit pas nécessaire.
Mélanger
Couvrir et laisser mijoter le temps de préparer le reste, en surveillant simplement que ça n’attache pas et ajoutant un peu d’eau si nécessaire, mais normalement ça ne devrait pas être le cas car on est à feu doux pour mijoter tout tranquillement.

Mettre le riz à cuire selon votre méthode habituelle. Pour moi, ce sera comme là-bas, une casserole, 1 volume de riz, 2 volumes d’eau, un peu de sel, mettre à bouillir à couvert, quand ça bout (et donc que ça déborde! lol!) mettre le feu au minimum, toujours à couvert, pour 10 minutes. Il ne doit pas rester d’eau, et ça peut même brûler caraméliser un peu au fond, ce n’est pas grave et surtout en principe ça ne se produit pas!

Préparer le rougail :
Couper les tomates fraîches en 2 puis 4 puis 8.
Ôter les graines en coupant carrément au couteau, et s’assurer qu’il ne reste pas du tout de liquide ni de graines. Jeter le liquide et les graines en question dans la sauce des saucisses! On ne perd rien!
Couper la chair restante en petits dés.
Peler et hacher l’ail menu menu. J’ai triché, je l’ai passé au presse-ail… Chut…
Ôter les graines des piments thaï et les couper en tout petits morceaux. Portez des gants si vous voulez, ou alors faites attention à ne pas vous frotter les yeux, le nez ou les lèvres…
Mélanger.
Non, il n’y a pas d’huile, pas de sel, pas de poivre, pas de petites herbes sympathiques…

Une fois que tout est cuit, on égoutte les légumineuses, on rectifie l’assaisonnement de la sauce des saucisses, et on sert à la cuiller, en tas séparés. Pas très élégant, mais hyper bon!
Chacun fait son mélange dans son assiette.
Ne pas oublier de présenter ze bocal de piments forts à l’huile, ces petits « langues d’oiseau » qui vous mettent le feu, et que je n’ai pas…

C’est bon, mais c’est bon…
Mais c’est pas comme chez la tante de mon Nomamoi…
Je pense qu’elle met beaucoup moins de curcuma…
Peut-être encore plus de gingembre…
Sa sauce est plus liquide…
Mais pour le rougail, pas mal, pas mal, je m’approche cette fois.
Bref, « peut mieux faire »…

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10 réflexions au sujet de « Mon carry de saucisse et Presque Son rougail de tomate »

  1. Y’a des recetets comme ça………. On arrive pas à copier l’original! Même si c’est quand même délicieux! Quelle frustration!!!!!!La sauce tomate de ma grand-mère, avec les mêmes ingrédienst, la même recette,….la mienen n’a jamais ce petit truc!Bravo pour ta détermination!!!!

  2. Mais ça a l’air sensationnel ce plat !! Même si tu dis « peux mieux faire », moi je suis sure que je serai conquise par ta version (que je ne pourrai jamais reproduire à la perfection lol)

  3. Même en dosant à la molécule près, il y a des variables impossibles à reproduire (température, dureté de l’eau, âge du capitaine) : je retiens la recette de TON rougail, en tous cas… me plaît bien.

  4. Ce rougail de saucisses se fait SANS oignons?A l’île de La Réunion, c’est avec des oignons et on l’appelle le rougail.J’ai une recette de rougail sur mon blog…

  5. Très sympa cette recette mais d’après tes commentaires, tu parais partiellement insatisfaite. La gentille Tatan se ferait certainement un plaisir de transmettre. Dans les monts du lyonnais on fabriquait un fromage appelé le Mt d’Or (rien à voir avec le vacherin du même nom) l’artisan a disparu sans transmettre. On ne trouve plus ce merveilleux fromage qui a été copié mais ce n’est pas ca !

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