plats

poule au pot

Encore un grand classique à la maison que ce plat typiquement français et hivernal.

Alors que nous habitions aux USA, des amis américains nous avaient demandé de leur faire un plat typiquement français, et c’est la poule au pot que j’avais choisie pour plusieurs raisons :
– il me fallait un plat familial pour illustrer les traditionnels dimanches en famille comme j’ai toujours connu chez mes parents ou grands-parents
– ce devait être un plat d’hiver car nous étions… en hiver! 😉
– il me fallait un plat pouvant servir 6 personnes, 4 adultes et 2 enfants
– il me fallait un plat qui ait une histoire, une vraie, une histoire historique, quoi, bien française, et quoi de mieux que de pouvoir caser Henri IV pour faire preuve d’une culture à toute épreuve! 😉
– il fallait enfin que ce soit un plat complet, tant qu’à faire, et qui ne demande pas de travail. Et comme chacun sait, la poule au pot, c’est long à cuire mais ça ne demande pratiquement aucun travail!

Imaginez moi donc partant à mon supermarché préféré, Publix, chercher une poule à bouillir au milieu des poulets dont un blanc seul est aussi gros qu’un poulet entier de supermarché français, des dindes de 12 kilos qui auraient eu du mal à tenir dans le coffre de ma voiture et, pour couronner le tout, ne sachant pas comment on appelle ce genre de volaille dans ce pays… Et je termine auprès d’une brave dame employée chez Publix en expliquant que je cherche une vieille poule pondeuse pour la faire bouillir plusieurs heures… Pas de chance, j’ai dû tomber sur une américaine qui malgré toute sa gentillesse et ses efforts ne voyait absolument pas de quoi je pouvais bien parler… (ou alors c’était mon accent déplorablement français…) Elle me voyait faire du bouillon de poulet qui se fait en 30 minutes maxi avec un jeune poulet…
A force de fouiller le rayon volaille, j’ai fini par découvrir quelques malheureux exemplaires de « baking hen », c’était le seul volatile portant le nom de « hen » (poule)! Malgré le mot « baking » qui signifie cuire au four, j’ai dû me résoudre à repartir avec cette poule-là en me disant que si ce n’était qu’un vulgaire poulet, je m’en rendrais vite compte à la cuisson et que je l’ôterais de la casserole pour finir de bouillir les légumes.

Bon, c’était finalement bien une « vieille poule », cette baking hen, comme quoi les noms sont parfois trompeurs… 😉 J’ai donc pu faire pour nos amis, cette

Poule au pot

Pour 4 à 8 personnes selon la taille de la bête.
Les proportions sont familiales et à l’oeil
Prévoir 3h environ. Mieux vaut plus que pas assez… Pour un dimanche midi (comprendre 13h…), je m’y prends vers 9h30 environ.

1 poule plus ou moins grosse selon le nombre de convives
1 oignon
1 poireau, plus si vous allez le manger, moi il ne me sert qu’à parfumer le bouillon
1 ou 2 branches de céleri
1 chou vert frisé plus ou moins gros selon le nombre de convives, ou tout autre chou long à cuire (éviter le chou chinois ou napa qui cuit bien trop vite)
1 grosse carotte d’hiver par personne
1 rave (navet rond violet), 1 rutabaga ou autre navet, 1 petit chou-rave par personne, en fait on met bien ce qu’on veut comme légumes!
1 grosse patate à chair ferme par personne
gros sel, poivre en grains QS

Commencer par mettre la poule dans une énorme casserole : ne jamais perdre de vue qu’il va y en avoir, des choses, dans cette casserole! Puis couvrir d’eau et porter à ébullition.

Pendant ce temps, préparer les légumes.

Quand la poule bout, 2 cas de figure :
– beaucoup d’écume se forme : on sort la poule, on vide toute l’eau par le trou de l’évier, on rince bien la poule sous le robinet, même l’intérieur, on rince bien la casserole, il ne doit rester aucune trace d’écume, puis on remet la poule, on couvre à nouveau d’eau froide et on porte à nouveau à ébullition
– très peu d’écume : on l’enlève à l’aide d’une écumoire.

Quand la poule bout enfin dans une eau « pure », on ajoute oignon, poireau, céleri, sel et poivre et on laisse bouillir 1/2 heure à couvert et à petit bouillon. On en profite alors pour goûter si c’est assez salé…

Au bout d’1/2 heure on ajoute le chou éventuellement coupé en 2 ou en 4 selon sa taille, on couvre et on laisse encore environ 1/2 heure
Au bout de cette nouvelle demi-heure, on ajoute navets et carottes, et hop, encore 1/2 heure.

Il ne reste que les patates à ajouter, il leur faudra sans doute environ 1/2 heure pour cuire, donc c’est là qu’on ajuste le temps restant pour les cuire à l’heure prévue pour le dîner. En effet, la patate, même à chair ferme, est le seul légume (enfin si on peut appeler ça un légume…) qui ne résistera pas à une attente prolongée dans de l’eau bouillante… Bref, environ 1/2 heure avant l’heure prévue, on commence par regoûter le bouillon pour pouvoir rectifier en sel si nécessaire, puis on ajoute les patates, entières ou en très gros morceaux selon leur taille, et zou, encore 1/2 heure à couvert.

On vérifie alors la cuisson des patates à l’aide de la pointe d’un couteau. Prolonger la cuisson de quelques minutes si nécessaire.

Et là, une fois les patates cuites, on n’attend pas!

Sortir la poule et la découper. Déposer les légumes égouttés dans un grand plat, ajouter les morceaux de poule par dessus, et on sert de façon familiale, le grand plat au centre de la table.

On ne voit pas les carottes, elles sont cachées dessous!

On essaie de servir à chacun un morceau de tout. Si on aime, on peut aussi servir dans des assiettes à soupe avec du bouillon. On peut aussi servir avec du riz cuit avec le bouillon de la poule : ainsi, ma grand-mère faisait toujours un risotto en entrée avant de servir la poule, pour profiter du bon bouillon dans lequel elle n’avait pas encore rajouté les patates.

C’est bon, c’est chaud, c’est de la vraie « comfort food », totalement régressif, souvenirs d’enfance, grand-mère gâteau, voyage émotion garanti… Mes morceaux préférés : le foie et le gésier!
On sert avec plein de moutarde, et surtout cette moutarde marron qui s’appelait autrefois « moutarde Louit » et que je n’arrive plus à trouver de nos jours…

Et le lendemain, les restes froids de la poule sont délicieux en sandwich ou autre, tandis que le bouillon peut servir à faire une délicieuse soupe. Ou bien il peut être dégraissé et congelé pour une utilisation future, ce qu’il ne m’arrive que très rarement de faire, en général je fais un bon risotto le lendemain, et puis voilà!

Pour la petite histoire, je vous raconterai maintenant la conclusion de ce repas avec nos amis américains : ils ont adoré! Au point, le WE d’après, de vouloir cuisiner une poule à bouillir eux aussi, mais différemment… Au four… Comme on ferait une dinde… Après tout, cette bête ne s’appelle-t-elle pas « baking hen »? Bref, 4 heures plus tard, la bête était toujours dure comme de la pierre et ne se laissait pas manger… Elle a fini à la poubelle! lol! Nous avons bien ri en les entendant nous raconter cette anecdote, et depuis, ils font bouillir les vieilles poules pondeuse réformées ! Comme tout le monde! 😉

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En 2008, nous dégustions un tendre velouté de chou-fleur et crumble de brioche
En 2007, je réalisais une superbe terrine de lentilles aux foies de volaille accompagnée d’une extraordinaire vinaigrette à l’huile de sésame grillée ainsi qu’une exceptionnelle et surprenante soupe aux cacahuètes.

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9 réflexions au sujet de « poule au pot »

  1. oh ma Cath, si tu savais comme j’ai toujours eu envie de réaliser ce plat… mais jamais osé ! Et grace à toi, je vais ME l’imprimer et la préparer d’ici peu.merci et gros bisous

  2. J’avais déjà dans l’idée d’en faire, ne serait-ce que pour les images qu’elle ramène à la surface. Il faut que je demande à ma fermière, elle doit bien en avoir de temps en temps. Ma mère faisait une petite sauce avec, peut-être une sauce gribiche, du moins je crois.Le bouillon le lendemain était servi avec des perles du japon, souvenirs, souvenirs…Bises

  3. Ahhh! la moutarde Louit!!! que de souvenirs! ce pot un peu allongé avec une étiquette bleue! c’est vrai qu’on n’en trouve plus dans les magasins. Quant à la poule au pot, je vais en faire une dimanche. C’est pour cela que je me suis retrouvée sur ton blog.

  4. Une moutarde brune Vous parlez d’une moutarde brune. Si vous n’êtes pas loin de la Belgique, essayez la moutarde de marque « Bister ». Elle est de couleur brun clair et est produite à relativement petite échelle par une entreprise familiale. On la trouve dans beaucoup de supermarchés ici et elle est un plus douce que la moutarde de Dijon.

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